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édito


Voici un an que Laps est né, qu’il grandit nuit et jour et s‘épanouit dans la noirceur d’une planète qui nous inquiète car celle-ci se réduit à une peau de chagrin, à un papier pas plus grand qu’un billet de banque. Evidemment, il n’y a pas de cause à effet, il ne peut y en avoir, mais nous, à la rédaction de Laps, nous continuons de concentrer notre imaginaire sur des immensités de création, de poésie, de paroles échangées, de justice et de vérité. Par notre désir le plus profond, nous forçons le réel à se mouvoir afin de le transformer et de l’ouvrir aux mondes que nous croyons possibles.
AuX mondes, oui, car cessons de rêver petit, ouvrons nos esprits, écoutons le bruissement de l’univers et de tout ses possibles, écoutons, écoutez et vous vous souviendrez du tohu-bohu que vous entendiez dans le ventre de votre mère, alors même que vous ne pouviez imaginer un ailleurs, alors même que “ressemblant à un livre plié“ dit le Talmud, vous ne pouviez concevoir de vous ouvrir ni entrevoir la lumière de l’autre côté.
Ces mondes invisibles, les auteurs et créateurs de Laps nous les font souvent percevoir et la rédaction leur en est largement reconnaissante. Cette fois encore et grâce à Edmond Baudoin dans ce numéro anniversaire, nous sommes transportés vers d’autres latitudes “une parenthèse réelle“ * nous est offerte. Mais comme Baudoin aussi nous croyons que :
Créer c’est être assez fou pour réduire la mort à peu d’importance, assez fou pour nier l‘évidence que la vie humaine est dérisoire et vaine.“ “… et puis créer c’est aussi prendre une revanche. Il faut de la haine…“ dit un des ses personnages dans Le portrait.
Soyons tous fous alors ! La haine ne peut exister, sans la passion. Et c’est avec passion que nous tentons de créer des liens, même infimes soient-ils, par l’intermédiaire de Laps. Détruisons ces boulevards d’absurdités qui règnent dans nos civilisations.
En France, les plus démunis ont 10 à 15 ans d’espérance de vie en moins, 1 million d’enfants vivent en-dessous du seuil de pauvreté alors que l’on jette le trop plein de nourriture sur les routes. La fiction dépasse la réalité.
Que dire de nos politiques ? Méritons-nous encore le titre de “pays des droits de l’homme” ? Rousseau disait “ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendrons jamais rien à aucune des deux“ ! Rappelons donc à ceux que l’on nomme politiciens que la politique n’est ni un jeu de pouvoir ni un jeu médiatique, en aucun cas un moyen de tromper et de manipuler les citoyens par la peur, mais un art, une philosophie, un moyen d’envisager les choses dans l’absolu pour le bien d’une cité Libre, Egale et Fraternelle.

*Le portrait, éd. l’Association

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