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édito-idéo-otidé


“Même si la fin du monde était pour demain je continuerais à semer des pépins de pommes “

Cette phrase de Shuji Terayama, cinéaste d’avant-garde japonais, semble être une invitation à la résistance.
Ces pépins de pommes dans la radioactivité, éveillent, voire amplifient cette nécessité de ne pas abandonner, de ne pas se résigner.
Avec son battement d‘œil, de cœur, de corps, d’un battement de plume, Michaël Glück suggère “ toute la geste des commencements “, presque les comment, comment se séparent et se multiplient nos corps et nos âmes, comment l’incontrôlable fluctuation, viscérale, commune à chaque structure, nous rend si inconstants et si vivants. Que nous soyons humain ou pépin de pomme, cellule, poussière ou particule, nous sommes un pont entre la terre et le ciel, une posture dans l’univers. Il s’agit de résister, résister comme l’oiseau qui vole en symbiose avec le vent, et même quand l‘être intérieur d’une graine nous fissure.
Prendre le courant et le contre-courant, s’y inscrire dedans dans ces mouvements ne pas forcer les éléments, comme les huiles sur papier de Claire Terral, un murmure qui se lie aux étoiles, une petite graine, un jardin zen,
havre sur nos cœurs, au creux de nos épidermes, des minutes d’infini devant le néant encrent nos vies dans l’univers.

A vous maintenant lecteurs, de poser vos regards sur tous les possibles.

Sacha Hut

“chacun selon sa langue car que serait le chemin si parler n‘était que besogne et décompte des heures si vous n’aviez au bout des bras que les outils du jour pour tituber jusqu’au lendemain et que serait le lendemain si chacun n’avait que ce mot à porter”

Michaël Glück,  La Table
dans La suite des jours
l’Amourier 1999







oeil paramécie /sous la fente / paupière décousue par/
le jour balbutié / l‘écriture noire / densité blanche/
avec restes d’aubes et de couchants / voix rémanente
comme / image qui / grave encore / sous les cils /
la lumière disparue / étoile morte et / pourtant
dans la main / dans la bouche dans l‘œil /
dans l’oreille parfois cela qui / ne cesse de souffler/
à peine des mots/
une fleur qui se souvient d’un bouquet / œil qui /
se divise / et deux qui font / béance-accueil/
là derrière/ au fond du crâne /
toute la geste des commencements /
œil paramécie balbutiée / et sédimente sédimente /
l’histoire matricielle / la matière où nous plongeons
nos mains / nos lèvres / la matière nous hante /
jubile/ jubile / tragiquement jubile
œil-seuil et main-levain /
bouche embrasée / accolée trou noir / l’herbe sous le
verbe absent / ici / comme suspendues ou / arrêtées /
sueurs / humeurs / histoire / au repos sur la page

Michaël Glück





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