“Quand on croit entendre un son, il est rare que ce n’en soit qu’un. Quand on prend le temps de l’écouter, on se rend compte qu’il est formé d’une multitude de sons superposés plus ou moins mouvants. S’ajoutent à ceux-ci tous ceux qu’on entend plus ou moins sans s’en rendre compte mais dont la présence plus ou moins perçue donne au son les qualités qui le font reconnaître. En jouant avec les sons pour explorer les applications pratiques de ce principe, j’ai été amené à construire divers dispositifs pour surprendre et même tromper mes oreilles.

En les étonnant, diverses questions viennent à se poser : ce que j’écoute est-il bien là ou est-ce moi qui l’invente ? Pourquoi est-ce-que j’entends ce son maintenant et pas avant ? Est-ce-qu’il était là avant ? Et quand mon attention aura été attirée vers d’autres sons, sera-t-il encore là ? Puis-je y revenir de temps en temps ou bien a-t-il complètement disparu ? Ou bien suis-je tant captivé par les autres sons que je ne l’entends plus ? Est-ce-que je m’en souviens assez pour le reconnaître ? Est-ce le son qui change ou la manière de l’écouter ? Ou les deux ? Où est la limite entre le monde extérieur et le monde intérieur, si il y en a une, et comment l’un nourrit-il l’autre ?”pierre berthet

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